Voyager hors des sentiers touristiques – Anecdotes de voyages : Une journée chez les mapuches

Dans cet article, je partage avec vous, une de mes meilleures journée lors de mon voyage en Argentine. Une histoire de voyage, une anecdote assez amusante puisque je me suis retrouvée par hasard à déjeuner avec les mapuches (les indiens d’Argentine et du Chili) lors d‘une de mes journée stop. Ou comment le stop aide à sortir des sentiers battu et du tourisme de masse.

C’était un jour, en Argentine, alors qu’il faisait chaud, je faisais du stop pour me rendre vers la ville de Mendoza afin d’aller déguster les vins de cette région viticole d’Argentine. Déjà la matinée avait démarré fort, j’avais recroisé un homme qui m’avait pris en stop deux semaines avant à 2000 km de là… On pouvait dire que la chance était de mon côté !

Par la suite, je suis montée dans la voiture de Ricardo. Avec Ricardo, le courant est de suite passé. Il m’a proposé de boire du maté (boisson traditionnelle d’Argentine, un sort de thé mais très fort), puis nous avons discuté de choses et d’autres, de nos vies, de mon voyage…

Lors du trajet Ricardo klaxonnait les maisonnettes situées sur le bord de la route. Car, en Argentine, il y a sur ces bords de routes, pour signaler les morts, des petites maisons pour les honorer. Souvent ces maisons sont remplies de fleurs ou d’autres ornements. Ainsi, à chaque fois que nous passions en voitures devant elles, Ricardo les klaxonné et faisait un signe de la main afin de les saluer. Nous n’avions plus d’eau chaude pour le maté, c’est pour cette raison que nous nous sommes arrêtés à la maison d’un gaucho. Les gauchos sont les paysans pauvres voir très pauvres d’Argentine. Le premier avait comme maison, une pièce d’une 10 aine de m² avec pour seul meuble : une table, un sommier avec un matelas, une chaise et une table ou se tenais la nourriture. Il avait un chien et un enclos pour son cheval. Ce gaucho vivait de la vente de ces moutons. Le deuxième gaucho vivait quelques kilomètres plus loin avec sa femme, son fils ainé et sa fille. La fille âgée de 5 ans était atteinte d’une maladie du cœur… Elle avait que peu de soin du fait de la pauvreté de la famille. Cette famille vivait dans une grande misère, tout était sale, leurs vêtements, leur maison, leurs visages…Cependant, il se dégagé d’eux une certaine sérénité face à cela. Ricardo, toujours aussi généreux, leur laissa des vêtements ainsi que des cerises.

Puis nous avons repris la route 40, la route la plus célèbre d’Argentine, celle qui côtoie la cordillère des Andes. Avec la route 40 on avale la poussière et on en prend plein les yeux. Les paysages de ces bords de route sont à couper le souffle.

Ricardo me questionnait beaucoup sur mon itinéraire, sur le temps que j’avais devant moi. Lorsque je lui ait répondu que j’avais tout mon temps et que je pratiquais le stop pour vivre des choses qui sortaient du tourisme ordinaire. Il m’a alors demandé si je souhaitais déjeuner de la chèvre chez les Mapuches.

Pour remettre, un peu dans le contexte, les mapuches sont les autochtones du Chili et d’Argentine ; ils sont très souvent en conflits avec ces deux pays au sujet de leurs terres, surtout vrai au Chili. On compte de nombreux conflits. En effet, il y a quelques générations, les mapuches ont vendu leurs terres pour rien (ou quelques bouteilles de liqueur) aujourd’hui la descendance de ces arborigènes réclame ces terres qu’ils considèrent comme « volée ». Il y a peu de temps le gouvernent argentin a revendu « ces terres » à de riches industriels…

De ce faite, il existe diverses communautés autochtones, certaines sont pacifiques et d’autres plus virulentes. Il est donc curieux de voir un policier se rendre chez ses amis mapuches alors que la plupart de ces collègues sont en conflits avec eux. Ricardo, connait cette communauté indienne depuis plusieurs années et prend des cours avec le chef de village qui est aussi le directeur de l’école.

Nous nous rendons donc, dans cette communauté d’environ 1500 âmes. Le village semble autosuffisant. On y retrouve donc l’école, l’hôpital, des téléphones, une place public, des commerçants, des chèvres, moutons et autres chevaux. On commence à trouver du tourisme chez les indiens, ou ils offrent aux touristes tenues et nourritures traditionnelle. Mais la, j’allai visité une communauté traditionnelle sans frou-frou

La maison du chef de village est sur un niveau avec un grand terrain. La famille y fait pousser ces légumes et il y a un enclos pour une vache. La famille se compose du chef de village, de sa femme, de ses 4 grandes filles et du dernier fiston. La majorité de ces enfants vont à l’école, seule la plus grande travaille à l’extérieur de la communauté. Ils parlent tous espagnol entre eux, ils apprennent le mapudugun (leur langage ancestral) à l’école afin de ne pas perdre leurs traditions. Dans la maison, on retrouve des équipements modernes. La maison est plein de bouibouis, de choses aux couleurs de Mickeys, tout le monde regarde la TV avec les infos en fond.

Avec Ricardo, on s’en va acheté la chèvre. On reprend la route, tout en restant dans ce village qui s’étend sur des kilomètres, on serpente dans un paysage de farwest avec la montagne toujours à coté de nous:) Puis son arrive sur dans une maison, avec deux chiens qui nous saute dessus, un cheval qui n’a pas l’air content de nous voir et une dame d’un certain age qui nous accueille. Nous rentrons dans sa maison, composé de deux pièces sur un étage également. Dans la première pièce se situe un sommier et un matelas pour une personne, une table, un banc. Dans la seconde pièce se trouve un endroit pour cuisiner. Il n’y a rien de plus, c’est très pauvre. Une peau de bête m’interpelle, il s’agit de la peau d’un puma tuée quelques jour auparavant. Le puma n’est donc pas un mythe dans cette région. Je suis étonnée par la douceur de sa peau. Nous sortons à l’extérieur afin de choisir notre chèvre. Nous rentrons dans un enclos ou est accroché à un arbre avec quelques chèvres entières mortes. Des mouches tournent autour des bêtes, on distingue facilement leur pattes, le corps et la queue. Je me suis même demandé si je n’alai pas devenir végétarienne. Près des bêtes mortes étendues contre cet arbre, se trouve leurs peaux également avec des mouches tournant autour. L’odeur est pas évidente à gérer, je fais semblant de rien. Nous quittons cette dame, Ricardo reviendra plus tard pour la payer.

En rentrant, Ricardo s’arrête à l’école pour que je rencontre le chef du village. Je saurai surtout ravi de voir toutes ses bouilles étonnée par ma présence, je serai bien restée dans cette école pour en apprendre davantage. L’école accueille plus de 200 enfants. Les infrastructures sont excellentes. Lors de mon arrivée les enfants sont à tables avec leurs enseignants.

Nous retournons à la casa du chef, les femmes s’affairent en cuisine. Une salade de légume et des pommes de terres accompagneront la chèvre, qui se retrouve mise telle quelle dans le four ! Je suis assez gênée dans cet environnement, j’ai plein de questions, j’ai envie de prendre pleins de photos, mais je sens que ce n’est ni le lieu ni le moment. Et puis, je sais pas, j’avoue que sur le moment j’ai envie de garder cette expérience pour moi, pas envie de la partager davantage. Il est difficile de retranscrire l’émotion qui m’a prise lors de cette journée, j’avais constamment des frissons et j’arrive pas à me rendre compte de la chance que j’avais de passer cette journée !

Nous dégustons la chèvre en discutant de tout et de rien, mon espagnol est encore pauvre et j’avoue ne pas toujours tout comprendre. Ricardo fera l’effort de me répéter tout plus doucement. La chèvre est finalement sec et un peu dure. Pas le meilleur plat de ma vie, mais le moment de partage est vraiment intense

Les relations des mapuches avec l’extérieur sont fréquentent et normales. Ils se rendent souvent dans les villages alentours pour vendre leurs produits. Ils me disent que le rapport avec les Argentins sont bons et se sentent au fond argentin. A l’école on leur donne l’éducation pour qu’ils partent vers de nouveaux horizons. Ainsi, contrairement à ce que je pensais ils ne se marient pas entre eux et sont très ouverts sur le monde qui les entourent. Malgré le temps passé devant la TV ils ont à cœur de préserver leur culture et leur langue.

Il est alors l’heure de reprendre la route. Avec Ricardo, nous arrivons dans la rue de Chos Malal. Il m’offrira la nuit dans un hôtel de police. Nous continueront notre conversation autour d’un bon repas au restaurant. Ricardo me parlera toute la soirée de cette Argentine qu’un touriste ne voit pas. Il me parlera de cette Argentine qui souffre, qui va mal et qui court après l’argent et le bonheur qui va avec. Beaucoup de gens s’endettent pour pouvoir posséder les dernières choses. Il y a beaucoup de jalousie liée à la possession, ainsi on peut tuer pour quelques euros. La ville est remplie de policiers ce qui me rappelle que ce n’est peut être pas si sur que cela.Il me parle aussi de ces jeune fille qui devienne maman à 14/15 ans. De quoi se rendre compte davantage que nous sommes chanceux d’être français.

Cette journée fut la plus forte en émotion humaine. J’ai beaucoup demandé à Ricardo, pourquoi il avait fait cela pour moi, pourquoi il avait été tant généreux avec moi…

J’ai jamais vraiment eu de répons. Je crois que c’est une personne qui aime donner. Il était également très chrétien, peut être est ce lié?

En écrivant ceci, je pense fort à lui et j’aimerai lui rendre hommage. C’est une putain de belle personne que jamais je n’oublierai !

Pouvez vous me raconter une anecdote de voyages amusantes? Ou une  rencontre qui vous a marqué?

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s